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Âme du non juif, Âme du juif, de quoi parle-t-on

  • il y a 1 heure
  • 4 min de lecture


L'enseignement de la Torah sur l'âme n'est pas une question de « supériorité » ou de « valeur » d'une personne par rapport à une autre. Ce serait une lecture superficielle et blessante, qui n'a rien à voir avec l'esprit de la tradition.


Voici ce que la Kabbale et la 'Hassidout enseignent réellement.


Tout être humain possède une âme. La Torah parle de cinq niveaux dans l'âme : nefesh (la vitalité), roua'h (les émotions), neshama (l'intellect), 'haya (le pont vers la source), et yé'hida (l'unité absolue avec Dieu). Ces niveaux existent chez tout être humain, juif ou non-juif, en tant qu'âme naturelle.


Ce qui est propre au peuple juif, c'est l'ajout d'une âme divine intériorisée. Le Tanya, dans son deuxième chapitre, enseigne que l'âme du juif est "une part de Dieu véritable". Cette âme divine n'est pas une "deuxième âme" qui rendrait le juif "meilleur". Elle est une responsabilité, une mission : celle de révéler la présence de Dieu dans le monde, d'être une lumière pour les nations.


Le non-juif, lui, possède une âme intellectuelle intérieure qui lui permet de dominer son âme animale, de devenir sage, juste, et de se rapprocher de Dieu. Il peut atteindre les plus hauts niveaux de droiture et de sagesse. La tradition parle des « justes parmi les nations » qui ont une part dans le monde à venir.


La différence n'est pas une question de valeur, mais de fonction. Pour faire une analogie, le cœur et le foie ont des fonctions complètement différentes. Le cœur pompe le sang, le foie filtre les toxines. Personne ne dit que le cœur est "meilleur" que le foie. Si le foie cessait de fonctionner, le corps mourrait aussi sûrement que si le cœur s'arrêtait. Chaque organe est indispensable, chacun a sa mission propre.


La tradition enseigne qu'Israël est comme le cœur de l'humanité. Le cœur reçoit le sang de tout le corps, le purifie, et le renvoie chargé d'oxygène à tous les membres. Sans le cœur, aucun organe ne reçoit de sang. Mais sans les poumons, le cœur n'aurait rien à pomper. Sans les muscles, le sang n'irait nulle part.


Le peuple juif a reçu la mission d'être un "royaume de prêtres" (Exode 19:6). Un prêtre n'est pas au-dessus de ceux qu'il sert. Il est au service de la sainteté pour tout le monde. De la même manière, l'âme supplémentaire du juif n'est pas un privilège qui le rend "supérieur". C'est un instrument de service : il reçoit la Torah, il l'étudie, il la vit, et par là il répand la connaissance de Dieu à toute l'humanité.


Les nations, elles, ont d'autres missions : développer la sagesse, la justice, la technologie, l'art, la science. Chaque peuple apporte sa note à la symphonie. Sans les nations, le monde serait incomplet. Sans Israël, le monde manquerait de sa source de sainteté.


Le Rav Yits'hak Ginsburgh l'explique très bien dans son ouvrage Kabbala et méditation pour les Nations, dont voici un cadre (et les sources) :


1. La nature de l'âme, l'étincelle divine chez tous les humains


Ce texte explique que tout être humain possède une étincelle divine. La différence n'est pas dans la présence ou l'absence de cette étincelle, mais dans la mesure où elle est intériorisée ou non dans le psychisme.


"Tous les êtres humains possèdent une étincelle divine. La différence entre un humain et un autre réside dans la mesure dans laquelle l'étincelle est entrée et joue un rôle actif dans son psychisme."



2. L'étincelle qui survole ou qui entre, la clé de la différence


Ce passage est le plus précis sur la question. Il dit clairement que chez le non-juif, l'étincelle divine survole le psychisme sans y pénétrer, même au niveau inconscient. Mais le juste parmi les nations est celui qui sent la présence de cette étincelle et s'en inspirer.


"En ce qui concerne un non-juif, l'étincelle divine plane au-dessus de la psyché (n'y pénétrant même pas sur le plan inconscient). Un gentil juste est celui qui ressent la présence de l'étincelle divine et s'en inspire pour marcher sur le chemin de Dieu."



-3. Les trois âmes, l'âme intellectuelle chez le non-juif


Ce texte développe la structure des trois âmes : l'âme divine, l'âme intellectuelle et l'âme animale. Le non-juif possède l'âme intellectuelle et l'âme animale, et peut travailler à ce que son âme intellectuelle domine son âme animale.


"Un non-juif a deux âmes, l'intellectuelle et l'animale. Chez un non-juif, la dynamique psychologique se produit entre ces deux âmes, créant des tensions et des conflits intérieurs qui nécessitent une résolution."



Voici la version complète de l'enseignement sur les sept lois de Noé et la symbolique mystique de l'âme.



Ces textes montrent que la tradition ne parle jamais de "supériorité". Elle parle de mission, de responsabilité et de degrés d'intériorisation de l'étincelle divine. Le juste parmi les nations, celui qui reconnaît et suit la voie de Dieu, est profondément honoré dans la tradition.


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