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De l’obscurité à la lumière

Dernière mise à jour : 8 févr.



Un des thèmes centraux de la vie est le passage de l’obscurité à la lumière. Cela arrive souvent dans nos vies personnelles : un trou noir de détresse et de misère, qui semble vouloir tout engloutir. Et puis on fait un pas en avant, laissant cela derrière soi, et l’obscurité cède la place la lumière.


Une allusion à cette transition apparaît dans la manière dont le Livre du Lévitique s’enchaîne avec la Paracha précédente, les derniers mots du Livre de l’Exode. Les derniers versets de l’Exode décrivent l’achèvement du Sanctuaire, le merveilleux Temple portatif, construit au pied du Mont Sinaï, qui allait accompagner le peuple juif dans son long périple à travers le désert et qui serait finalement installé en Terre d’Israël à leur arrivée.


Une épaisse nuée recouvrit alors le Sanctuaire. Elle empêchait Moïse lui-même d’y pénétrer. Après tous les efforts investis dans sa construction, voilà qu’il était recouvert d’un nuage mystérieux qui le rendait inaccessible.


Puis vient le commencement du Lévitique : « Et D.ieu appela Moïse… ! » La nuée se dissipa, et Moïse put désormais pénétrer dans le Sanctuaire et y recevoir les instructions de D.ieu.

Ceci, explique le Rabbi de Loubavitch, exprime la révélation qui suivit l’obscurité. Le fait qu’elle fut précédée d’une période d’inaccessibilité – quand Moïse ne pouvait pénétrer le Sanctuaire à cause de l’épaisse nuée – accentua la puissance de la révélation divine quand elle se produisit.


Les enseignements de la Torah sont éternels, et s’appliquent à chacun. L’une des dimensions dans lesquelles la transition de l’obscurité à la lumière concerne chaque individu est celle du processus de techouvah, de retour à D.ieu.


Une personne s’est détournée vers, ou est tombée dans un domaine d’obscurité. D.ieu est caché. Elle se sent éloignée du Divin, incapable de pénétrer dans le Sanctuaire. Et puis, il ou elle fait un pas en avant, vers D.ieu, revenant à sa véritable essence. C’est cela la techouvah, le repentir, le retour. Il suffit d’un tout petit pas et D.ieu « l’appelle », comme Il appela Moïse, signifiant : « tu es Mien ».


Cette nouvelle proximité avec D.ieu est plus forte qu’auparavant. C’est pour cette raison que le Talmud commente que « l’endroit où se tient le repentant ne peut être atteint par ceux qui ont toujours été vertueux ».1


Cette entrée personnelle dans le Sanctuaire après une période d’épais brouillard et d’occultation peut s’opérer selon différents modes. Elle peut être si puissante qu’il ne s’agit pas seulement d’une transition de l’obscurité à la lumière, mais d’une totale transformation de l’obscurité elle-même. La détresse et la misère ne sont pas seulement laissées en arrière, mais la négativité et l’obscurité sont elles-mêmes transformées en lumière. Nous commençons alors à percevoir nos problèmes et nos frustrations comme des invitations à grandir. Le négatif devient le tremplin vers le positif. En définitive, paradoxalement, joyeusement, de tous ces hauts et ces bas, c’est du bien qu’il résulte.


Cette transformation de soi est un avant-goût de la réalisation du but ultime du peuple juif dans son ensemble, et pour toute l’humanité, quand l’obscurité de l’exil se transformera en rayonnement de la Rédemption. Alors, l’obscurité de la nuit brillera vraiment comme le jour.2


NOTES

1.

Berakhot 34b.

2.

Basé sur le Likoutei Si’hot du Rabbi de Loubavitch vol. 1, p. 202-3.


Par Tali Lowental

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